Notes sur la famille BONNIN DE LIGNERES
Généalogie des Bonnin de Lignières, Bonnin de Matha Coutras 1610 (environ) - 1920.
- David REDON -
I - N... BONNYN, né vers 1530, a au moins trois enfants :
1°) - Michel BOUNNYN, qui suit
2°) - Pierre BONNYN, notaire royal, d'où au moins un fils :
- Pierre BONNIN, praticien
3°) - Y... BONNIN, qui épouse un sieur BOUSSIER, d'où au moins un fils :
- Robin BOUSSIER, sergent royal
II - Micheau BOUNNYN, marchand de Coutras, se marie à Jehanne FOURNIER. Il acquiert le fief des Lignières en 1608. D'où six enfants, dont * vivants au moment du décès de leur père en 1629 :
1°) - Jacques BONNIN, né en 1585.
2°) - Pierre BONNIN, qui épouse par contrat de mariage Marie DUPUY
3°) - Isabelle BONNIN, qui épouse par contrat de mariage du 13 février 1611 reçu par RICHON, notaire royal, sieur Pierre CHIRON, originaire d'une vieille famille coutrillonne, docteur en médecine, médecin-juré de la ville de Bordeaux
4°) - Catherine BONNIN
5°) Antoine BONNIN, né en 1602.
6°) Michel BONNIN de LIGNIERES, né en 1612, qui suit.
III - Michel BONNIN de LIGNIERES, bourgeois et marchand de Coutras. Protestant. Né en 1612 à Coutras. Mort le 11 septembre 1652. Marié à Marie FAURE le 1er septembre 1632. Propriétaires de La Bombarde qu'ils lèguent à leur fils Michel. Le 30 juin 1652, Michel BONNIN étant à Bordeaux, malade, dans la maison de Gabriel DUBOIS, marchand rue de la Rousille, fait avec sa femme Marie FAURE un testament mutuel en faveur de leurs enfants (chez Dubourg, notaire).
Deux jours après le décés de Michel BONNIN le 11, septembre 1752, sa veuve commence l'inventaire à Coutras, puis elle prête le serment de tutrice de ses enfants. Le 14 octobre 1752, Maris FAURE révoque le testament mutuel pour ce qui la concerne. (Elle avait toujours protesté contre ce testament).
D'où au moins 7 enfants :
- 1- Moïse BONNIN DE LINIERES, Aîné, marié à Melle Lambact.
- 2- Moïse BONNIN DE LINIERES, marié à Suzanne CHAPERON DE FERRIERE en 1663. D'où :
1°/ Suzanne BONNIN DE LINIERES mariée à Jacques FORMEL en 1706. D'où :
- i) Catherine FORMEL.
- ii) Jacques FORMEL.
- iii) Catherine FORMEL, dite Suzon.
- 3- Catherine BONNIN DE LINIERES, Aînée.
- 4- Suzanne BONNIN DE LINIERES, dite Suzon, jeune fille mariée en 1703 à François FERCHAPT, juge de Coutras, à 17 ans contre le gré de sa mère et de sa famille, même au préjudice des arrêts du conseil. La famille était en cassation du mariage, disant que c'est un rapt vérifié, un enlèvement de nuit.
- 5- Michel BONNIN DE LINIERES, qui suit.
- 6- Marie BONNIN DE LINIERES.
- 7- Jeanne BONNIN DE LINIERES.
Michel BONNIN DE LIGNIERES, fils de Michel Bonnin de Lignières et de Marie Faure. Inhumé à Coutras le 26 janvier 1710. Sieur de Lignières, avocat à la cours sénéchale du duché de Fronsac en 1670, sénéchal du duché de Fronsac, maire de Coutras, marié à Isabeau (ou Elisabeth) BARGEAU (décédée et inhumée à Coutras le 17 février 1732). D'où :
- 1- Pierre BONNIN DE LINIERES, aîné. En 1710 il est depuis longtemps à l'étranger pour en apprendre les langues.
- 2- Osée-François BONNIN DE LINIERES, né en 1673. Mort à Coutras le 17 décembre 1718. Avocat à la cours, marié à Coutras le 5 mai 1712 à Catherine Noguès. Ils eurent :
1°/ Samson-Gabriel BONNIN DE LINIERES, né en 1714. Mort à Coutras le 6 décembre 1788. Notaire et procureur au siège de Coutras, marié à Marie TRIGANT. D'où un fils,
I- Samson-Gabriel BONNIN, né en 1745. Décédé à Coutras en 1821. Officier de Route. Maître chirurgien à Sainte-Foy-la-Grande. Entré au conseil municipal de Coutras en 1791, il devient maire de Coutras de 1792 à 1795. Marié en 1ière noce à Marie-Thérèse RIGAUT, née au Petit-Goaye (Iles d'Amérique). Puis marié en 2ième noces le 20 mai 1790 à Coutras à Marie-Pauline dite Pauline d'ARLOT DE FRUGIE DE LA ROQUE (décédée le 5 janvier 1823).
D'où :
1°/ Jacques BONNIN, né du second mariage, et baptisé le 19 février 1791 à Coutras (parrian : Jacques d'Arlot de la Roque, lieutenant général des armées du roi) et décédé avant 1798.
2°/ Isabelle BONNIN.
- 3- Suzanne BONNIN DE LINIERES, née en 1674.
- 4- Isabeau BONNIN DE LINIERES, née en 1676, mariée à ...... Jay.
- 5- Michel BONNIN DE LINIERES, né en 1676.
- 6- Samson-Gabriel BONNIN DE LINIERES, qui suit.
- 7- Jean BONNIN DE LINIERES, née en 1680.
- 8- Anne BONNIN DE LINIERES, née en 1681. Mariée à Coutras le 30 septembre 1698 à Pierre COMBRET, avocat à la cours, lieutenant de la sénéchaussée d'où :
1°/ Gabriel COMBRET, baptisé à Coutras le 19 février 1711.
2°/ Samson-Gabriel COMBRET, baptisé à Coutras le 9 octobre 1719.
- 9- Michel BONNIN DE LINIERES, né à Coutras le 13 juillet 1689.
Samson-Gabriel BONNIN DE LIGNIERES, fils de Michel BONNIN DE LIGNIERES et de Isabeau BARGEAU. Né en 1679. Décédé à Coutras le 30 avril 1753. Sieur de Lignière. Capitaine au régiment de Champagne-Infanterie, puis conseiller référendaire en la chancellerie près le Parlement de Bordeaux en 1740. Maire de Coutras en 1724, Il épouse Jeanne-Marie-Marguerite EYMERY à Coutras le 25 août 1711. Il était infirme en 1752. D'où :
- 1- Osée-François BONNIN DE LINIERES, né et baptisé à Coutras le 31 janvier 1718, sieur de Lignières en 1755, sieur du Matha en 1766. Avocat au parlement. Marié à Coutras le 6 février 1755 à Suzanne BARREAU en 1755. Il hérite de la Bombarde. D'où
- i) Bernard-Clément BONNIN DE LINIERES, né et baptisé à Coutras le 18 mai 1758.
- ii) André BONNIN DE MATHA, né en 1761. Mort en 1836. Maire du Fieu de 1811 à 1819, puis de 1832 à 1838, marié à Françoise Ginestet à Coutras le 12 septembre 1786. Ils eurent :
1°) André BONNIN DE LINIERES, né en 1788, mort en 1872. Juge de paix à Coutras, marié à Catherine Emilie DEMAY. D'où :
1°/ Catherine-Marguerite BONNIN DE LINIERES, épouse SOULE.
2°/ Benjamin-André-Osée BONNIN DE LINIERES, marié à Louis ROUX.
2°) Françoise BONNIN DE LINIERES, mariée à Jean-Arnaud BINET, directeur de la poste de Coutras.
3°) Catherine BONNIN DE MATHA-LINIERES, mariée le 10 juin 1811 au Fieu à Pierre-Guillaume TRIGANT COURTHIEU, (naquit en 1787. Maire de Saint-Christophe-de-Double de 1823 à 1826. Il habita Boisset. D'où :
- a- Marie-Thérèse TRIGANT-COURTHIEU, née le 28 avril 1812 à Boisset, mariée à N. BLANCHARD, d'où:
i) une fille unique.
- b- Jacques TRIGANT-COURTHIEU, qui suivra.
- c- Guillaume TRIGANT-COURTHIEU, né à Libourne le 22 août 1814, s'unit à Marie-Thérèse LEBOEUF. D'où:
- i) Marie-Pauline TRIGANT-COURTHIEU, née à Libourne le 14 novembre 1845.
- ii) Marie TRIGANT-COURTHIEU, née le 18 mai 1847.
- iii) Marie-Thérèse TRIGANT-COURTHIEU, née le 13 avril 1850.
- iv) Marie-Elisabeth TRIGANT-COURTHIEU, née le 17 juillet 1851.
- v) Pierre-Martial TRIGANT-COURTHIEU, né à Libourne le 7 novembre 1848, marié à Libourne le 13 janvier 1873 avec Almaïde MOULY, (fille de Prosper-Jean-baptiste MOULY, capitaine de cavalerie en retraite, chevalier de la Légion d'Honneur et de Julie-Louise GAYET) d'où:
- a- Jeanne-Adèle MOULY, née à Libourne le 22 septembre 1873.
- b- Georges-Jean MOULY, né le 1er janvier 1875.
- c- Emma-Andrée MOULY, née le 27 janvier 1880 à Libourne.
- d- André TRIGANT-COURTHIEU, né le 19 avril 1817, mort à Boisset le 7 octobre 1849.
- e- Jean-Jacques TRIGANT COURTHIEU, né le 10 juin 1818.
- f- Pierre-Théodore-Jean-Baptiste TRIGANT DE BOISSET, né à Saint-Christophe de Double le 23 juin 1823. Il épousa Marie DUBREUIL d'où:
- i) Pierre-Guillaume-Edouard, dit Joachim TRIGANT-COURTHIEU, né à Boisset le 17 avril 1845. Il épousa Marie-Antoinette-Félicité BLANCHARD, sa cousine germaine d'où:
1) Marie-Antoinette-Félicie TRIGANT COURTHIEU, née à Boisset le 7 novembre 1866.
- ii) Henri TRIGANT-COURTHIEU, habitait le Fieu.
- iii) Jean TRIGANT-COURTHIEU, né à Boisset le 6 novembre 1849, y résidant, marié à Marie SAUTEREAU le 23 novembre 1861 (fille de Pierre SAUTEREAU et de Marie CATHERINEAU).
- iv) Guillame TRIGANT-COURTHIEU, né à Boisset le 29 janvier 1854, épousa Marie GAGNERE d'où:
1) Eléonor TRIGANT, mariée à Aristide LAFAYE d'où :
- i. Marguerite LAFAYE, née le 20 mars 1917.
- ii. Roger LAFAYE, né le 22 avril 1915.
- g- Jean TRIGANT-COURTHIEU, né le 21 janvier et mort le 11 avril 1826.
- iii) Marie BONNIN DE LINIERES, née en 176? et décédée en 1763.
- iv) Catherine BONNIN DE LINIERES, née en 1764. Mariée au docteur Pierre DEMAY.
- 2- Marie BONNIN DE LINIERES, mariée à Coutras le 26 avril 1740, le même jour que son frère Bernard-Clément, à Coutras avec Henri DE JAUBERT, écuyer, seigneur de Bazas, Chamberlane et Puigivier (fils de Louis DE JAUBERT, écuyer, seigneur de Puigivier et de Henriette DE MOREL DE SALLES). D'où:
- i) Marguerite Jeanne DE JAUBERT, baptisée à Coutras le 3 mars 1741.
- 3- Bernard-Clément, BONNIN DE LINIERES aîné. Avocat à la cour au parlemnt. Conseiller référendaire en la chancellerie du Parlement. Marié à Coutras le 26 avril 1740, le même jour que sa sœur Marie, à Françoise ARDOUIN (fille de Jean, changeur de monnaie à Coutras et de Mme Richon). Propriétaire de Gapirou. D'où :
- i) Marie BONNIN DE LINIERES, mariée à Pierre FORMEL après envoie d'acte respectueux à ses pères et mère.
- ii) Simon-Jude BONNIN DE LIGNIERES. Né et baptisé à Coutras le 11 janvier 1747. Conseiller référendaire en au parlement en 1775, conseiller référendaire en la chancellerie près le Parlement en 1779, marié à Marie-Suzanne LAVAU, de saint-Emilion en 1772. D'où :
1°) Marie-félicité BONNIN DE LINIERES, née en 1774. Décédée en 1854. Mariée à Pierre CHAPERON DE FERRIERES (fils de Jean CHAPERON et de Jeanne DELUZE) d'où :
1°/ Jeanne CHAPERON DE FERRIERES, épouse DELUZE.
2°/ Jeanne CHAPERON DE FERRIERES, épouse BOULDOYRE.
2°) Catherine BONNIN DE LINIERES, née et baptisée à Coutras le 22 septembre 1775, mariée à MORIN du port du Mas, commune d'Abzac d'où :
1°/ Henri MORIN, mariée avec Melle DE LA LAURENCIE.
3°) Laurent BONNIN DE LINIERES, né à Coutras le 26 mars 1777 et décédé à Coutras le 27 mai 1811. Il épouse au Fieu le 1er messidor an XIII (20 juin 1805) Françoise, dite Anne DE LA CROMPE DE LA BOISSIERE (née à Libourne le 11 octobre 1779 - décédée à Coutras le 20 frimaire an XIV des suites de couches). D'où :
1°/ Catherine BONNIN DE LINIERES, née à Coutras le 30 brumaire an XIV (21 novembre 1805) et décédée au Fieu le 13 février 1873. Elle épouse au Fieu le 12 avril 1821 Jacques-Léon DE LA CROMPE DE LA BOISSIERE, son cousin germain (fils d'Auguste-Léon DE LA CROMPE DE LA BOISSIERE et de Catherine-Marie BONNIN DE LINIERES). Son oncle et beau père, Auguste- Léon, avait été nommé tuteur de Catherine pour administrer le domaine de Gapirou au Fieu.
4°) Jean BONNIN DE LINIERES, né et baptisé à Coutras le 9 mars 1779.
5°) Françoise-Marie BONNIN DE LINIERES, née en 177?.
6°) Catherine-Marie BONNIN DE LINIERES, née à Coutras le 22 septembre 1775 et décédée au Fieu le 18 décembre 1838. Elle épouse au Fieu le 28 brumaire an X (19 novembre 1801) de Auguste-Léon DE LA CROMPE DE LA BOISSIERE, habitant Abzac d'où :
1°/ Léon DE LA CROMPE DE LA BOISSIERE, né au Port du Mas, commune d'Abzac le 5 janvier 1803 et décédé à Gapirou, au Fieu, le 13 mars 1887. Il épouse au Fieu le 12 avril 1821 Catherine BONNIN DE LINIERES, sa cousine germaine, fille de Laurent BONNIN DE LINIERES et de Anne de la CROMPE DE LA BOISSIERE. Il fut conseiller municipal du Fieu en 1837, puis maire du Fieu de 1848 à 1878, il s'occupa activement de sa commune, créa des chemins vicinaux, fit construire le presbytère et reconstruire le côté nord de l'église ; il fut parrain de la grosse cloche de l'église du Fieu, sur laquelle son nom est gravé et dont la marraine fut Suzanne DE LA CROMPE DE LA BOISSIERE, sa belle fille.
Document n° 1 :
La MOULINASSE
Michel Bonnin, sénéchal de Coutras et de qui descend en ligne directe Marie-félécité Bonnin-Lignière, épouse Chaperon Ferrière à Coutras, était propriétaire du moulin dit la moulinasse qui faisait tourner les eaux qui passent entre les maisons des Bosq, chapelier et celle des Fellonneau. Cette dernière appartenait à Moÿse Bonnin de Lignières, frère du sénéchal et comme la moulinasse n'allait que par les eaux de l'étang de la Garenne, Michel Bonnin, sénéchal, prétendait avoir le droit de passer dans la cour de son frère et de là dans le jardin jusqu'à l'étang pour baisser et lever les pelles de l'empalage, prendre ou retenir les eaux de son moulin. Les Fellonneau sont actuellement en possession de cette maison, cour et jardin, l'ayant achetée et rebâtie.
Il paraît en effet que par les titres d'inféodation, le Sr Bonnin, sénéchal (qui était aussi sieur de Lignières) avait non seulement le droit de passer chez son frère, actuellement où réside Fellonneau, mais encore que le fossé où passent les eaux de la Moulinasse, et qui est entre les possessions dudit sieur Fellonneau, Bosq et autres jusqu'à l'étang appartenait en propre au sénéchal ou quoique soit à son moulin.
Le sénéchal demeurait où réside le sieur Maisonnade fils, à côté de Fellonneau près le chemin d'Abzac.
Chaperon de Ferrières (1822).
Archives de M. Duplessis-Fourcaud à Puisseguin.
Document n° 2 :
22 mai 1669, Dubois, Notaire.
Donation par Marie Faure, veuve de feu sieur Michel Bonnin, habitant Coutras à Moyse et Michel Bonnin, ses enfants à qui elle désire témoigner l'affection qu'elle a pour eux en raison de l'obéissance qu'ils lui ont toujours montrée[1] de tous les biens meubles et immeubles qui leur sont obvenus par le décès de feu Michel Bonnin leur père, pour en jouir du premier jour et en supporter les charges et aussi de tous les biens à elle appartenant, meubles et immeubles, présents et à venir, en la forme que s'en suit :
Moyse Bonnin, son fils aîné, aura la maison noble de Lignières, avec la grange joignante, la moitié du jardin du côté de ladite maison, un petit jardin du côté du couchant, avec les autres appartenances et dépendances ensemble, le chai qui est bâti sur le bord de la rivière vis-à-vis de ladite maison, les métairies, bourdieu et village de la Motte de Mons, Lauvirat, Chollet et quelque portion de maison et terre, pré, pacage et bois sis dans les villages des Petits Rois, la Motte Terrade, Piquard, la Nègre et tenue des Grolleaux, etc, etc.
Michel Bonnin, avocat en la cour, aura les biens, métairie et bourdieu d'Audebaut, la Bombarde, Billard, Moret, Partarieu ensemble la pièce de bois et les biens acquis du nommé Brandaut et finalement la maison où habite présentement son fils aîné avec la cave, la moitié du jardin du côté de ladite maison.
Lesquels lots ladite Faure a ainsi fait pour la plus grande commodité de chacun et aussi également que possible...
Sur tous lesquels biens ladite Faure se réserve la jouissance de la métairie d'Audebeau et de la maison où elle fait sa demeure, avec leurs meubles et ustanciles, et la moitié du jardin joignant ensemble des près des petits Sablons, pour les foins être porté dans la grange dépendant de la maison...
Et pour compenser la retenue que ladite Faure fait ainsi en dernier lieu sur le lot de Michel, elle décide qu'il jouira sa vie-à-elle-durant de la moitié du revenu de Lauvirat.
Au cas où Michel Bonnin voudrait habiter Coutras, Moyse son frère sera obligé de partager avec lui le logement de la maison et cave qu'il habite et même le jardin jusqu'au décès de ladite Faure où la maison restera audit Moyse.
Ladite Faure s'est également réservé la jouissance du bateau et tous le bois actuellement sur le port de Coutras, lesquels bateaux et bois qui resteront à son décès partagés entre sesdits enfants
Et comme ledit donation de biens n'a point de valeur et afin de la rendre irrévocable, elle s'est exprès réservé la somme de 4.000 livres à prendre sur les obligations communes entre le feu sieur Bonnin et elle, le restant des obligations et la dite somme réservée, à partager entre ses dits enfants etc., etc.
Elle charge Maître Elie Tripoteau de faire procéder à l'insinuation de la donation devant le sénéchal, ses deux fils désignant Maître Pierre Viault l'aîné, procureur pour les représenter.
Fait à Coutras, au domicile de ladite Faure en présence de M. Jean Picard, François Eymard, praticien et Sr Helie Ratier, maître apothicaire.
Dubois, notaire.
(Analyse de copie sur papier. Archives de M. Duplessis-Fourcaud à Puisseguin.
Document n° 3 :
BONNIN DE LIGNIERES, notes du XVIIième siècle, transcription.
1- Michel Bounin et Marie Faure par leur testament mutuel du 30 juin 1652 firent partage de leurs biens meubles et immeubles à Moïse et Michel Bounin leurs enfants, donnèrent par précipeu et adventage à catherine et Suzanne Bounin leur filles à chacune une maison et en outtre auroit légué audites Catherine, Suzanne et à Marie et Jeanne Bounin leur filhes à chacune dicelle la somme de 6.000 livres intituent leur héritiers leurs dits enfans, substituent le masle du masle et les filhes aux filhes pour lesdits 6.000 livres de dot seulement.
Marie Bounin, l'une des filles est morte avant le père. Faut scavoir de quoy devient son legast et sy par la substitution faitte par ledit testament les filhes ont recueilli quelque part de la somme de 3.000 livres du chef du père.
2- Par ce mesme testament, Bounin laisse à laditte Faure sa femme la jouissance de tous ces biens meubles et imeubles en norissant les enfans sans rendu compte, la pri néantmoins d'emploier le revenu de leurs biens quy se treuveroit au delà des charges héréditaire au proffit de leurs dits enfans et non d'autre Bounin testateur estant mort en cette volonté. Deux jours après son décès, la ditte Faure commensa l'invantaire en présence de parans et déclare par icelluy que cest pour la conservation des droicts de ses anfans seulement et quelle nentent aprouver ledit testament mutuel pour ce quy la concerne. Le mesme jour que cest inventaire fust commencé le juge de lieues au requis du procureur d'office cestant transporté dans la maison de ladite Faure, elle effrit de prester le serment de tutrisse à sesdits enfants et dit avoir commencé à faire inventaire. Je juge la reçoit tutrisse soubz attestation de son frère un mois après et le 14 octobre 1652, ladite Faure se présente devent le juge de Coutras où elle revoque en jugement ledit testament mutuel pour ce qui la concernoit, mesme renonça a tous les advantage quy luy estoient faicts par icelluy, scavoir sy telle renonciation est valable et sy laditte Faure n'ayant rien dit lorsque le juge luy fist prester le serment de tutrisse elle la aprouvé et sy ladite renonciation a esté faitte dans le temps.
3- Jeanne Bounin, troisième fille est ensuitte venue à décéder. Faut scavoir quelle portion du légast du père laditte Faure a gaigné par ce décez et quelle portion il reste pour les deux filhes quy vivent.
4- Suzanne Bounin seconde filhe a contracté mariage avec François FERCHAT dès l'âge de 17 ans, contre le gré de sa mère et tous ses autres parens, mesme au préjudice des arrests du conseilh. Le parlement autorisa pour le mariage quoyque la mère et ses frères sy soient directemeny opposés et protesté contre elle au cas où elle passeroit oultre de se servir des rigueurs de la justice dont les parties en sont au conseilh sur la casation du mariage et sur le renvoy en la chambre pour la liquidation de ses droits, attendu que c'est un rapt vérifié et un enlèvement quy fust faict de nuict, duquel pour se mettre à couvert ils se pourveurent au parlement sur le changement de religion. La ditte Faure mère désireroit scavoir si elle est bien fondée au renvoy en conséquence de sa qualité et scavoir aussy à quoy peut revenir la portion de cette fille pour les droits paternels et sy elle se pourra empescher de luy donner du sien pendant sa vie et sy elle aura droit après sa mort de la réduire au droit de légitime ou ______ mesme sy elle pourra empescher de luy seroit imputé sur son principal 400 livres de provision quelle obtient au Parlement au préjudice des arrests du conseilh dont elle fist exécuter sa mère pour le payement.
5- La ditte Faure mère a si devent faict son testament et longtemps au paravant le mariage que ladite Suzon a contracté avec ledit Ferchat par lequel elle vouloit que pour tous droicts elle se consentise de 8.000 livres et une maison, faisant ses enfans ses héritiers et réduit au droit de légitime celluy ou celle quy contretreviendra à sa disposition. Ont faict doubte sy ce testament peut avoir valleur attendu que le père de ladite Faure vit encore et quy ne la esmancipa pour faire delit testament que par un simple acte devant notaire et tesmoings et s'il na de valleur comment elle poura faire pour oster 1000 livres à lune pour les donner à celle qui luy a esté obéissante attendu quelle croit que ceste somme de 8000 livres pour paternel et maternel est à plus près la réduire au droit de légitime et sy on juge à propos de faire un testament par donnation s'il faut parller de la désobéissance quelle luy a rendus.
Archives de M. Duplessis-Foucaud, château Gerbaud à Puisseguin.
Document n°4 :
BONNIN DE LIGNIERES à Coutras
1700 : la Moulinasse.
Le septiesme octobre mil sept cent, à la requeste de M. Michel Bonnin, sénéschal et maire de Coutras, soit déclaré Moyse Bonnin, sieur de Lignière que l'acte dudit Sieur de Lignières du quatriesme du présent mois qui présupose avoir esté troublé par ledit sieur sénéschal dans sa possession d'une piéce de terre appellée au Brûlon quil dit jouir paisiblement et quil confronte à sa manière, est d'une piéce de terre qui joint au fossés autrement aux marais, lesquels fossés appartiennent en propre audit sieur sénéschal et qui fait moudre un moulin qui est au desoubz et qui est à luy, qui a ses escluses avant la possession dudit Sieur de Lignières, estant droit dy aller pour donner de l'eau et pour l'arrester sans quoy le moulin seroit inutile, ce qui est établi par une transaction passée avec les autheurs dudit moulin et demoiselle Marie Faure, mère dudit sieur de Lignières et confirmé par deux santances de l'ordinaire et du sénéchal. Il est vray que par honnesteté le jardin dudit sieur sénéchal joignant laditte piéce des Brûlons il n'a pas voulu aller passer dans le jardin dudit sieur de Lignières, qui a creu en aceptant la ditte pièce des Brûlons quil feroit cesser ce passage pas les fossés, voulant oublier que ses autheurs ne luy ont donné la ditte piéce qu'avec ses servitudes, que l'escluse estoit avant son achap qu'il ne peut réparer et en faire de nouvelles, ayant le droit pour cela par des titres de deux siècle avec une grosse ranthe et une servitude très onéreuse puisqu'il faut que toutes les eaux de l'estang du seigneur d'écoule et passe par la propre maison dudit seigneur sénéschal, se sorte quil se voit que cet acte est un pur chagrin et une continuation perpétuelle de procès que ledit sieur de Lignières luy suscite par des motifs pitoyables, voulant persuader que les biens et la grave quon jette luy empesche de couvrir laditte piéce puisqu'on luy a dit que le fossé appartient au dit sieur sénéschale et que les matériaux qui sont, sont des matériaux de la chaussée qui perdoit son eau et qu'il a falu réparer et que la terre du voisin est subjecte à les recevoir par une servitude naturelle lorsqu'il s'agit de réparer un édifice et que sa piéce est en retour et que les matériaux ne sont que sur le bord et qui ny ont pas demeuré vingt-quatre heures. Mais il est aisé à voir que le sieur de Lignières veut mettre tout en œuvre pour rendre inutile ce moulin audit sieur sénéchal. Il commença à eslever tout le public lorsqu'il falut construire un pont qui est au devant du moulin quil fust baissé par ses emportement de quatre pieds, de sorte que ce moulin qui ne peut moudre que dans labondance des eaux se trouve engorgé par l'eau de la rivière qui le joint et qui a resté despuis deux ans, à la grande satisfaction dudit sieur de Lignières, inutile. Il avoit encore pour dérober l'eau du moulin ouvert un fossé qui joint celuy qui fait moudre le moulin qui est au bout de son jardin et qui conduit l'eau dans un grand chemin et qui vient fondre sur les bâtiments dudit sieur sénéschal et emporte par sa rapidité le chemin de la grand rue qui conduit à Laubardemont. Il a encore fait creuser le long dudit ruisseau du moulin, voulant faire une cave et qui prand encore l'eau du moulin, comme si c'estoit le lieu naturel d'un cave à la faire joignant une chaussée, et non contant de faire perdre le moulin, il a poussé son chagrin à faire jetter par terre la maison où est le moulin et celle où demeure ledit sieur séneschal par un grand nombre de pierre et de bois quil a mis dans la rüe publique, qui fait quil faut que toutes les voitures passent tout joignant les maisons dudit sieur séneschal, ayant mesme fait une barrière de cinq pieds de hauteur à costé de son chay, qui avance de six pieds dans la rüe et qui empesche le public d'aller à la rivière à pied, à cheval et en charrete comme on avoit accoustumé et le fils mesme du sieur séneschal qui est lieutenant dans le régiment de Champagne a esprouvé cette fatalité ayant donné en se retirant de l'estomac contre un bois de vingt-deux pieds de long qui luy empesche la respiration et est le long de la maison dudit sieur de Lignière, et c'est ce qui est un pur trouble et au public et au particulier et non pas celuy présuposé fait par le sieur sénéchal, qui ne sest servi que de son droit de passer sur laditte piéce et quil continuera toujours, et au regard du chemin des muniers qui doit passer par le portal dudit sieur de Lignières et suivre le long du fossé jusques à la chaussée comme il a esté condamné. Le sieur séneschal somme ledit sieur de Lignières de relever l'appel quil a fait des dittes santances, et à faute de la faire luy déclare que les santances passeront en force de chose jugée et en reconvenat ledit sieur Sénéschal prie ledit sieur de Lignieres et partant que de besoin le somme de faire fermer le fossé qui dérobe l'eau du moulin, aussi bien que de combler les autres endroit quil a ouvert le long de la chaussée, d'oster les pierre et bois qui ocupe la rue et retirer les bois qui ferme le passage pour aller à la rivière à pied, à cheval et en charrete. Et faute de ce faire, proteste de tous les retardemens du moulin, de la cheute des maisons dudit sieur séneschal et de tout ce qu'il peut et doit protester et mesme de le convenir en justice tant pour le public que comme particulier, dont il faict acte pour estre signifié audit sieur Bonnin de Lignières.
BONNIN, séneschal.
Le septiesme octobre mil sept cent, signifié le susdit acte de notoriété à Moyse Bonnin, sieur de Lignière par ce fin délivré à son domicile, partant à sa servante, qu'elle a prinse, par moy, MARTIN.
Contrôlé à Coutras le 7 octobre 1700. BUTET.
(archives de M Duplessis-Fourcaud à Puisseguin.)
[1] Ceci vise les filles, surtout une, Suzanne.


